PARIS - ROUEN les 15 et 16 Mai 2004

110 eme COMMEMORATION

 

En 1894 pour la première fois l’homme a l’idée de mesurer les prestations de plusieurs automobiles en les faisant concourir sur un trajet déterminé: Paris Rouen.

Le club des Teuf-Teuf, a lancé il y a plusieurs décennies la commémoration de cette première course de l’histoire. Si dans les premiers temps la manifestation démarrait réellement de Paris, il y a bien longtemps que ce point de départ a été abandonné (sauf pour le lamentable centenaire), au profit de lieux mieux adaptés à nos autos et à notre confort de conduite. Depuis quelques années la ville de Rosny/Seine nous accueille et héberge notre départ et notre arrivée. C’est que sur une trentaine de concurrents seuls deux ou trois arrivent directement par la route, les autres sont sur remorques, et il faut garer celles ci et les véhicules tracteurs.

Une fois les anciennes descendues, elles se rendent à l’Abbaye de Rosny, où le petit déjeuner est servi aux participants. Nous quittons ce cadre exceptionnel en direction des Andelys pour visiter le musée Normandie Niemen.

Pour ce faire nous grimpons plus ou moins allègrement la cote de Rolleboise. Elles sont biens ces cotes. D’abord elles laissent le temps aux spectateurs de nous voir passer, mais aussi elles font la différence entre les autos. Ce ne sont pas toujours les plus grosses qui sont les plus performantes, car si elles ont plus de chevaux, certaines ont aussi plus de poids. Elles seront quand même toutes au rendez vous et pour le musée, et pour le déjeuner.

C’est une tradition, depuis 20 ans, Madame et Monsieur MURAT nous accueillent à Ecardenville dans leur moulin au bord de l’Eure. Le cadre est extraordinaire, et quand en plus nous avons comme cette année le soleil pour voir jouer les ombres sur la rivière et avec nos cuivres, vous comprendrez pourquoi nous ne sommes jamais pressés de repartir.

 

L’après midi est déjà bien entamé quand nous tournons les manivelles. Direction Rouen par la vallée de l’Eure et arrivée à l’hôtel de Région. Nous y sommes attendus d’abord par la conseillère de région, mais aussi par des collectionneurs venus nous saluer avec des autos plus récentes. Le choix de cet accueil est historique puisque c’est sur ce site que sont arrivés les concurrents de 1894. C’est seulement après que nous rejoignons le Novotel où pilotes et voitures passent la nuit.

Dimanche matin à 8h tout ce petit monde reprend la route de Rosny.

Elle a beau être plus directe que celle du samedi, elle est néanmoins très changée par rapport aux rallyes précédents. Nous découvrons ne nouvelles petites routes comme les aiment nos autos.

Vers 11h arrêt casse croûte sur la place de la mairie de Heudreuville, pour consolider les estomacs et contrôler les mécaniques.

Malgré tout l’horaire est tenu et dans le cadre privilégié de l’Abbaye nous finissons ce Paris Rouen autour de la table.

Elles ont été parfaites nos autos. Bien sur nous eûmes quelques pannes, mais dans l’ensemble nous les avons gérées.

Les Vis à Vis ont parfaitement roulé. Celui de M. Evison a eu quelques soucis. C’est un modèle modernisé (à l’époque) par la suppression du siège avant remplacé par un faux capot, et avec rajout d’un siège spider en porte à faux.

Une seule moto celle de M. Barroin. Il a eu beaucoup de malheurs avec la courroie de cette Werner 1903, mais quand il a roulé il a semblé bien heureux.

 

M. Ward qui nous fait la joie de venir régulièrement dans nos rallyes avait sorti cette année une Hotchkiss de 1910. Quatre cylindres en deux blocs, pour une cylindrée de presque 6litres, carrossée en landaulet, elle filait belle allure au milieu des autres “grosses”: Delaunay Belleville, et Charron.

Loin derrière les plus petits moteurs tenaient leur place et ne se laissaient pas trop distancer. Même en perdant une aile et un bout de phare. Mais je ne nommerais personne, pour ne pas vexer M. Desfossé !.

Malgré tout le plus spectaculaire, le plus anachronique, le plus surprenant reste la Stanley 1911 a vapeur de M. Beuvens. Ce magnifique double phaéton nous a bluffé par ses accélérations silencieuses, par son nuage de vapeur d’eau qui s’amplifie dans les cotes.

Il nous a interloqué par ses nombreuses commandes. Son chauffeur (c’est bien le mot!) était sur le parking une heure avant nous le matin pour chauffer son eau, mais aussi une heure après nous le soir pour purger la vapeur. Parfois il nous doublait à plus de 80km/h poursuivit par son panache blanc. D’autres fois discret, au bas d’une cote il nous regardait passer. Mine de rien il attendait que la pression redevienne suffisante pour monter la cote. A chaque arrêt nous avions prévu une adduction d’eau pour la Stanley. C’est qu’elle est gourmande: 200litres d’eau et 25 litres d’essence au 100km!

Alors après un pareil week-end, nous au club des Teuf-Teuf, nous sommes pas peu fier d’être la cause d’un tel remue ménage.

Texte DIDIER VIALARD.
Photos Nicole ENCELLAZ - PJ DESFOSSE

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